La larve de l’empuse : l’incroyable diablotin

Le célèbre entomologiste Jean-Henri Fabre, dans l’un de ses ouvrages, décrit l’empuse comme une « anomalie entomologique » et sa larve comme « la créature la plus étrange de la faune terrestre provençale« … »d’aspect si fantastique que les doigts novices n’osent la saisir« .

J’ai découvert la larve de cet insecte spectaculaire en mai, au cours d’une balade dans la garrigue du petit Lubéron. La capacité de camouflage de cet animal est très élevée ce qui fait qu’on le découvre toujours par surprise. Il faut donc ouvrir l’œil et une fois le « sursaut » passé, la bête se laisse facilement tenir dans la main et prend la pause. Une merveille !

Je classe personnellement l’empuse (ou plutôt sa larve) parmi les plus beaux insectes français. La manière dont elle se contorsionne, la finesse de son corps, sa tête « martienne » qui vous suit du regard, le découpage « foliaire » de son abdomen et ses couleurs font de cet insecte un emblème de la garrigue. Et son nom local le confirme : le diablotin.

En devenant adulte, l’empuse perd un peu de son attrait car elle ressemble beaucoup à sa cousine la menthe religieuse.

Voici une petite vidéo de ma « première » larve d’empuse :

Et quelques photos…

20 Comments
  1. Pingback: Mantes, empuses et diablotins : anges ou démons ? | Les pimprenelles

  2. Bonjour, cela fait 3 fois que je vois cet insecte merveilleux et surprenant depuis le début de l’été 2016, ici en Corse. Je ne l’avais jamais observé auparavant.

  3. Visiblement j’ai beaucoup de chance : je viens d’en voir un autre, différent des précédents car doté d’ailes fines, et un corps moins longiligne.

    • Il faut explorer les zones herbeuses à la belle saison et être très attentif. Ou alors il faut un filer à papillon et « faucher » l’herbe. C’est une bonne technique d’entomologiste. J’en ai croisé plusieurs dans le petit Lubéron vers la forêt des cèdres.

  4. J’habite Brive en Corrèze. De juillet à fin décembre 2016 j’ai pu observé tous les jours un diablotin dans un pot de bruyère sur ma terrasse plein sud. Entre autre j’ai pu observer soit un accouplement soit ????? (voir photo)
    Depuis hier 10/03/2017 sur ma terrasse j’ai récupéré un diablotin un peu plus petit et l’ai posé sur le pot de bruyère

    • Il est très peu probable que vous ayez des empuses en Corrèze car cet insecte est très frileux. Du coup, on le rencontre essentiellement dans le pourtour méditerranéen.

        • Eh bien c’est très étonnant mais je pense qu’il s’agit bien d’une empuse ! Comment à-t-elle pu résister à l’hiver corrézien ?! Peut-être habitez vous dans un microclimat particulièrement doux. Et comment ce diablotin est arrivé jusque là ? Bref, c’est étonnant 🙂

          • Je vous joins une photo de l’été dernier où j’ai cru assisté à un accouplement. Désolée pour la qualité de l’image, je ne suis pas une pro.
            Personne dans mon entourage n’a jamais vu un insecte semblable.
            Je descends souvent vers Vauvert dans le Gard, ai-je à l’occasion d’un voyage ramené la première?
            Le plus étonnant est d’en avoir récupéré une autre le 10/03; mais après l’avoir vu 3 jours durant elle a disparu.

            • En fait ce n’est pas un accouplement mais une fin de mue. On devine sur votre photo l’enveloppe vide sous le nouvel animal. Oui, il est possible de ramener des insectes involontairement en voyageant, dans une plante c’est même fréquent. Mais le plus étonnant reste l’adaptation au climat Corrézien que je connais un peu.

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