La grande évasion des Crematogaster scutellaris…

Récit du pourquoi et comment ma plus grosse colonie de fourmis a déménagé de son nid vers un trou dans le mur de la pièce !

 

Absent une bonne partie de l’été (pour cause de voyage de noces), j’ai sur-estimé la puissance du talc que j’avais disposé comme anti-évasion sur les parois du bac contenant ma grosse et prometteuse colonie de Crematogaster scutellaris. Je pense que j’avais aussi sous-estimé la population « à naitre » dans ce nid (cf. les deux premières photos montrant la quantité énorme de couvain mi-juillet) !

La grande évasion des Crematogaster scutellaris

La colonie

La grande évasion des Crematogaster scutellaris

Gros plan

Résultat, à peine rentré début septembre, je n’ai pas eu le temps de réfléchir à construire un nid plus spacieux pour ces demoiselles qu’elles ont lancé une opération de grande envergure. C’est dans la soirée du 6 septembre qu’un déplacement stratégique des troupes a été décidé par les ouvrières.

Naïf je ne m’étais pas étonné de trouver depuis quelques jours des ouvrières égarées sur le parquet, dans le salon, le couloir… Elles procédaient à un repérage préalable pour établir leur futur nid ! En fait, contrairement à ce que je pensais, ces fourmis n’étaient pas « tombées » de la fourmilière mais véritablement « sorties » via une mini faille dans mon système anti-évasion (que j’ai découvert après-coup…).

Et le soir du 6 septembre, en profitant de mon absence encore, toutes les fourmis ont évacué le nid, en emportant l’unique reine (les Crematogaster scutellaris étant monogynes) ! Et c’est bien trop tard que j’ai découvert l’escapade. Je me suis immédiatement mis à chercher cette reine et le point de fuite de ce millier de fourmis. j’ai suivi la progressions des « colonnes » pour comprendre qu’elles avaient décidé de s’installer dans le mur en plâtre de la chambre, en passant par un tout petit défaut juste au dessus de la porte !

La grande évasion des Crematogaster scutellaris

Retour de vacances

La grande évasion des Crematogaster scutellaris

Le point de fuite ! au dessus de la porte.

Je n’ai donc pu que constater la disparition complète de ma colonie de 2 ans ! Impossible de la récupérer même si elle n’est pas loin, puisque la seule solution est de casser le mur (hors de question d’après ma femme…) ! Je n’ai d’ailleurs pas pu lutter non plus contre l’aspirateur de ma femme… Il faut reconnaitre qu’avoir des colonnes de fourmis dans un appartement, c’est impressionnant !

La grande évasion des Crematogaster scutellaris

La solution !

Fait curieux, les fourmis avaient toutes fui en abandonnant le couvain dans le nid ! Et bien c’est seulement le lendemain soir, bien après le nettoyage complet à l’aspirateur du champ de bataille qu’une colonne de fourmis est réapparue pour venir chercher les œufs et les larves ! Elles ont même, pour l’occasion, ouvert une seconde voix plus large et plus rapide dans le talc du bac ! Tellement impressionné, je les ai laissé faire…

La grande évasion des Crematogaster scutellaris

Ouverture de la voie.

On voit bien sur la photo précédente la « passe » créée pour les fourmis dans le talc, en quelques heures seulement !

 

13 Comments
  1. En fait, depuis plus de 6 mois, des ouvrières réapparaissent, j’en trouve dans ma cuisine (à plus de 10 mètres !!!) et dans mon salon. Elles cherchent des points d’eau et des traces de nourritures.

    C’est là tout le danger d’avoir des fourmis « xérophiles » chez sois. Je pense qu’elles sont là pour un moment.

  2. Impressionnant !!! Vraiment, je comprend la réaction de ta femme (la mienne serait carrément parti à l’hôtel), mais ça doit être dur de perdre une telle colonie, je compati…

  3. C’est pas si « douloureux » que ça, on s’attache moins à des fourmis qu’à un petit mammifère par exemple ! Mais c’est vrai que sur le coup on est un peu déçu quand on découvre que la reine qu’on hébergeait depuis 2 ans a disparu ! Du coup, je recommence tout à zéro, pour le moment j’ai 11 ouvrières (un bon début) que je gave d’araignées. Je publierai à leur propos dans quelques temps. J’ai également fait évoluer la fourmilière avec un double système anti-évasion (il faut tenir compte des expériences passées !!).

  4. Bonjour , très bon blog , alors des nouvelles pour bientôt ?

    Moi j’ai une seule espèce : celle ci les Scutellaris .
    J’ai 7 colonies :
    _ deux de plus de 5 000 ouvriéres
    _ une de 250 ouvriéres
    _ deux autres de 70
    _deux petites colonies qui viennent de mes deux grosses colonies : recoltes lors d’un essaimage artificiel dans une piece de ma maison , elles ont entre 10 à 25 ouvriéres !!!!!

  5. Les Crématogaster sont mes préférées, elles se développent très bien en intérieur (même lorsqu’elles s’échappent !).

    Je suis impressionné ! 5000 ouvrières ! Rares sont les exemples sur le net qui présentent de telles colonies. Es-tu présent quelque part sur le web ? un forum, un blog, des photos ?

  6. Bonjour.
    Impressionnant et flippant cette évasion.
    Je viens tout juste de débuter l’élevage de cette espèce et j’aimerai me servir de ton expérience pour ne pas reproduire les erreurs commises, si erreurs il y à eu.
    Pourrais tu me dire comment elles ont réalisées cette « autoroute » dans le talc et aussi me parler en détail de ton nouveau système de double barrière d’antiévasion ?
    Merci à toi et félicitation pour ce blog que je viens tout juste de découvrir.

  7. Mon expérience myrmécologique reste modeste mais c’est vrai que mes deux derniers essais d’élevage de Crematogaster scutellaris sont des réussites (si on ne tient pas compte de l’évasion).

    En attendant que je présente ma nouvelle fourmilière voilà quelques conseils :

    Les Crematogaster sont des fourmis assez actives, surtout quand elles deviennent nombreuses (à partir de 100). Constamment, elles cherchent de la nourriture, des passages, des territoires, elles creusent, etc. Mon erreur qui a conduit à l’évasion c’est de les concentrer dans une petite aire de chasse (ADC). Quelques ouvrières ont fini par trouver une faille dans le système (en empruntant un chemin sur une tige ayant un contact avec l’extérieur). Ma deuxième erreur, être naïf : pendant une assez longue période je trouvais une ouvrière ou deux sur le sol ou les murs de la pièce. Je me disais « elles sont plus malignes / acrobates que les autres ». Et troisième erreur, je suis parti en vacances. Les ouvrières ont alors « nettoyé » le passage découvert par les exploratrices en enlevant toute trace de talc restant et ça a été l’évasion totale (reine y compris). Et quelques jours après, une fois toutes les fourmis installées dans un trou de mur, elles sont revenues chercher les œufs en ouvrant directement un nouveau passage dans le talc (car en descente il s’efface plus vite).

    Concernant le nouveau nid : le système double anti-évasion est simple, une boîte talquée contenant une deuxième boîte talquée. Les rares ouvrières qui franchissent les bords de la première boîte (et ça arrive régulièrement puisqu’elles sont maintenant plus de 3000), finissent par mourir dans la deuxième boîte car elles ne sont pas assez efficaces pour effacer une seconde fois le talc des bords et elles ne peuvent pas venir se restaurer dans la fourmilière. Bref, maintenant, si une fourmi sort de la première boîte, elle est condamnée, du coup elle ne peut pas communiquer avec ses copines « chouette j’ai trouvé une sortie ».

    Enfin, j’ai ajouté 7 mètres de tuyau transparent pour que les fourmis se baladent un peu jusque dans une deuxième ADC. Ca calme leurs envies d’escapade. Mais dès le printemps prochain je publierai un nouveau nid avec des explications.

  8. Très impressionnantes toutes ces colonies. Ca me donne envie d’en avoir une ! Comment s’appelle la race des fourmis qui sont souvent dans nos jardins, (je suis en yveline) assez petite et toute noir ? Et aussi quand a-t-on le plus de chance de trouver des reines cette année? (Quel mois ?)

    • Pour la fourmi noire, c’est probablement Lasius niger, très commune.
      Ensuite, pour trouver une reine il suffit de bien regarder autour de sois en se baladant.
      On en trouve du printemps à l’automne, de préférence les heures avant ou après un orage.
      Explications détaillées dans cet article.

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