Fabriquer son « engrais » aquariophile pour pas cher

Chaque aquariophile devrait n’avoir qu’un seul but : obtenir un aquarium équilibré, c’est à dire un bac où tout ce qui est produit est consommé. C’est la solution notamment aux problèmes d’algues. On peut s’approcher de cet équilibre en optant pour un aquarium bien planté avec une population de poisson raisonnable. Les plantes jouent alors leur rôle de « dépolluant » puissant. Des plantes nombreuses et en pleine forme contribuent à la qualité de l’eau (cycle de l’azote, oxygène, CO2) et fournissent de nombreuses cachettes aux poissons et aux alevins. Mais en réalité l’équilibre n’est jamais atteint en vase clos et il peut être utile de « booster » les plantes en leur apportant ce qui manque dans l’eau de l’aquarium. Le commerce propose de nombreuses solutions (récapitulatif des engrais) plus ou moins efficaces est pour la plupart assez onéreuses.

 

Il est possible de réaliser un engrais pour aquarium à moindre frais. Un aquariophile averti s’est penché sur le sujet et sa méthode de fertilisation a été reprise de nombreuses fois (méthode Endlersman). Elle a donné lieu à postérieures variantes dont la méthode « Pokalgo » mélange de Pokon reverdisant et d’algoflash. Étant donné qu’on ne trouve pas ou plus ces produits, il suffit de comprendre le principe de la méthode simplifiée pour fabriquer son engrais soi-même.

Les engrais pour plantes vertes sont formulés en NPK (azote, phosphore, potassium). Or, dans un aquarium les produits azotés (nitrites, nitrates) et phosphorés doivent être présents mais en quantité minime. N et P sont cependant produits en quantités suffisantes si l’aquarium contient une population de poisson raisonnable. Il ne faut jamais utiliser un engrais classique dans un aquarium car il serait très nocif pour les poissons et favoriserait les algues. En revanche, on peut apporter tout le reste et plus particulièrement du fer, des minéraux et des oligoéléments.

Pour commencer, il est utile de se procurer la composition de l’eau du robinet, par exemple au sud de Clermont-fd voilà la composition moyenne annuelle :

  • Magnésium : 9-13 mg/l
  • Sodim : 14-19 mg/l
  • Potassium : 4 -6 mg/l
  • Calcium :  21-39 mg/l
  • Fer : 4-200 µg/l
  • Nitrates :  8-15 mg/l
  • Nitrites : 0

D’après les méthodes de fertilisation qui « fonctionnent » sur Internet il ressort les quantités nécessaires suivantes dans un aquarium :

  • Fer : 0,1 mg/l
  • Potassium : 1,2 mg/l
  • Cocktail d’oligoéléments/minéraux : 0,3 ml/L

Donc dans le cas présent, l’eau du robinet apporte suffisament de potassium. En revanche le fer est variable. Pour composer l’engrais il faut donc une source de fer + des oligoéléments. Voilà les produits qui sont actuellement disponibles facilement dans le commerce :

  • Source de fer chélaté (7 %) en poudre : Antichlorose séquestrène de Bayer (jardineries – 16 €)
  • Source d’ oligoélements liquide : B’essentials de GHE (Indoorgarden – 500 ml – 5 € 50)

Préparation :

L’antichlorose Bayer contient 7 % de fer. Soit 7 g dans les 100 g de produit total. Pour simplifier on cible par exemple la concentration finale dans l’aquarium à 0,175 mg de fer / litre. Pour que cela soit pratique avec une seringue (ou une pipette pour bébé) de 20 ml on peut préparer la solution suivante (qui va durer 6 mois à 1 an) : 25 g de poudre /500 ml (= 1,75 g de fer /500 ml). On prélève alors 20 ml de cette solution pour un aquarium de 400 L (= 70 mg de fer/400L = 0,175 mg / L). Il faut diluer les 20 ml dans de l’eau avant de les ajouter dans l’aquarium car il faut éviter que les poissons entrent en contact avec la solution concentrée. Selon que l’on fertilise une fois par semaine ou une fois par quinzaine, cette méthode fourni suffisamment de fer pour un aquarium de 400 L pour 2 à 4 ans.

Les oligoéléments GHE : on ajoute 0,5 ml / 100 L soit 2 ml / 400 L. Idem, on prélève les 2 ml avec une seringue (ou pipette), on les dilue dans de l’eau et on ajoute ça dans le bac. Avec une bouteille de 500 ml on en a donc pour 5 ans d’oligoéléments pour une aquarium de 400 L.

Cette méthode fonctionne très bien, [LA PREUVE] en complément d’un bon éclairage (car « engrais sans éclairage » est aussi mauvais que « éclairage sans engrais », c’est un équilibre à trouver). Après ajout du fer et des oligoéléments on peut observer les plantes « buller » ce qui trahi leur bien-être. Enfin, lorsque comme ici on ne procède pas à l’injection de CO2 dans le bac, il faut éviter au maximum le brassage de l’eau ainsi que les diffuseurs d’air de manière à conserver le CO2 présent dans l’eau (venant des plantes, des poissons et de l’air ambiant).

 

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