Pimenter les randos 1. la chasse aux minéraux

Intro

Voici une petite série d’articles à venir qui présentent des idées pour dynamiser les randonnées. Bien entendu, la randonnée en elle-même est l’une des activités les plus saines et accessibles en nature. Ce n’est pas forcément nécessaire de lui trouver un but tant ses bienfaits ne sont plus à démontrer. La sylvothérapie (se soigner grâce à la forêt) est d’ailleurs un concept Japonnais séculaire.

Même si la mode est aux trails, trecks et autres exploits sportifs, la randonnée « de base » reste très intéressante. Elle ne nécessite quasiment aucun équipement particulier si ce n’est des chaussures confortables, un coup d’œil à la météo et elle peut se faire quasiment n’importe ou.

Un exemple très sympa faisant la part belle à l’essence même de la randonnée dans les bois est le tout nouveau concept de « spa forestier« , ou « bain de forêt » ou encore « Sylvatorium« , littéralement « observatoire à forêt » (pas si nouveau que ça car inspiré en fait de la sylvothérapie). Le massif du Sancy, en Auvergne, vient d’ouvrir un sentier dédié.

Pour en savoir plus : Sylvatorium du Sancy

Ceci étant dit, on peut trouver encore plus sympa de faire une rando dans un but particulier, notamment pour motiver les enfants, et une première idée sympa est de partir à la chasse aux minéraux !

La chasse aux minéraux

Approche n°1 : ouvrir les yeux

Tout randonneur a un jour trouvé « une jolie pierre » sur le sentier qu’il parcourait. On peut ainsi réaliser facilement une petite collection de cailloux originaux qui deviennent autant de souvenirs associés à des lieux de balades sympas. Il suffit pour ça d’être attentif et d’ouvrir les yeux. Cependant, il faut vraiment avoir beaucoup de chance pour trouver quelque chose d’intéressant.

Les sentiers battus n’offrent guère de richesse; les autres en sont pleins.

Jean Giono

Quelques petites pierres trouvées « au bord du chemin » :

Approche n°2 : explorer des anciennes carrières, des affleurements, des petits effondrements…

Assez simple également comme approche, de nombreux chemins de randonnée passent spontanément à proximité d’une carrière abandonnée, d’un affleurement de roche ou de petits effondrements. Ces endroits sont propices à la découverte de petits cristaux, de roches minéralisées originales.

Explorations de carrières et d’effondrements :

Approche n°3 : se documenter, utiliser les cartes au trésor et cibler des lieux…

Là, ça commence à se complexifier. Pour réussir à trouver des pierres minéralisées un peu plus originales, voire des premiers jolis cristaux, il faut cibler des endroits précis. Il devient alors très utile de se documenter. C’est l’occasion de commencer à mettre le nez dans des petits bouquins d’initiation à la minéralogie, à l’identification de roches et de minéraux (voir chez Larousse et les Guides Delachaux par exemple). Il est très utile aussi, pour gagner du temps et savoir où précisément se rendre, de décortiquer un peu les caractéristiques géologiques de la région où l’on se trouve, et de se construire une liste de minéraux potentiellement trouvables et de lieux à explorer sur le terrain.

Exploration d’une zone d’effondrement

Même si le Web regorge d’informations, il existe un forum très riche pour dénicher des infos précieuses. Pour le trouver il faut chercher un forum dont le nom commence par geo ;-).

Les trouvailles colorées d’une année !

J’ai parlé de carte au trésor ? On en trouve plus ou moins facilement sur internet, cf. exemples en photos ci-après. Une ressource géniale est le site InfoTerre produit par le BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières) et ses cartes géologiques. Un petit travail préalable est nécessaire pour apprendre à savoir « quoi chercher » sur ces cartes, mais nous avons pu faire de belles découvertes grâces à elles, car elles indiquent la nature des roches qui se trouvent sous nos pieds (pas forcément visibles) et bien plus encore ! Il est très utile de recouper ces véritables « cartes au trésor » avec les cartes topographiques de l’IGN (Institut national de l’information géographique et forestière) disponibles sur Géoportail, afin de préparer la randonnée. Il n’y a pas plus précis comme carte !

Petite astuce : il est judicieux et très utile d’apprendre à reconnaître les pictogrammes qui représentent tous les effondrements, affleurements, carrières et anciennes mines, ainsi que les gisements, gîtes, indices et filons minéraux. Et ça sur toutes ces cartes ! Au travail 😉

quartz fumé
Une première découverte intéressante, une pointe de quartz partiellement fumée (merci Marc pour la photo)
Un petit « sucre » de sanidine

Quelques autres trouvailles faites via cette approche n°3 :

Approche n°4 : rencontrer des gens

On retrouve souvent cette dernière approche dans les conseils les plus pointus donnés sur les forums et dans les bouquin. En effet, à un moment donné, quand on a fait preuve de curiosité et de détermination et qu’on a déjà réussi à trouver de belles petites pierres, l’étape suivante c’est de se rapprocher de personnes qui s’y connaissent ! Et là on passe alors à l’étape « supérieure ». Cela se fait soit de manière fortuite parce qu’on se trouve par hasard au même moment sur le même site à cailloux, soit en en parlant autour de nous, par bouche à oreille on finit par obtenir un jour un « ah tiens, il faudrait que t’ailles voir untel, les pierres c’est sa passion » ! Ensuite, ça va tout seul : quand on demande à un passionné de parler de sa passion, c’est valable pour les pierres, les plantes, les cerf-volants, on se retrouve facilement avec lui sur le terrain, avec ses conseils d’expert et on fait alors un bon de géant ! On peu même tomber sur des pépites, même si tout ça reste très relatif et subjectif.

Quelques jolies pierres (fluorite) trouvées via l’approche n°4, à comparer avec l’approche n°1 😉 :

Conclusion

Rechercher des pierres originales peut être un objectif de rando motivant. On peut trouver quelques morceaux directement sur ou aux alentours du sentier. Ensuite, selon la motivation que l’on a pour trouver de beaux cailloux, on peut alors se mettre en mode « explorateur » et faire des détours volontaires vers des sites d’intérêts, des gisements potentiels. La qualité des pierres qu’on y trouvera dépendra du temps qu’on aura au préalable investi en se documentant sur le lieu. Ensuite, avec encore et malgré tout de la chance, on peut faire de belles découvertes et rencontrer aussi des passionnés.

Ma plus belle pièce de fluorite / fluorine à ce jour. Merci à Marc et JP.

Pour les curieux, je présente ma très modeste collection de cailloux dans ces articles dédiés :

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