Fabrication d’une fourmilière pour fourmis moissonneuses version 2

Aujourd’hui je vous présente une nouvelle version de fourmilière pour fourmis moissonneuses (ou Messor). Ce nouveau nid reprend exactement le concept développé dans ce précédent article, à savoir la création d’une zone sèche pour le stockage des graines et d’une zone humide pour les loges dédiées à la reine et au couvain.

Attention, pour les fans de fourmis : La fabrication de cette fourmilière est délicate et nécessite de bien connaitre le travail du plâtre. Je déconseille fortement de commencer par un tel projet. Préférez un nid simple tel que décrit ici.

Pourquoi ce nouveau modèle de fourmilière ?

Il s’agit ici d’améliorer significativement la version précédente sur 2 points :

  • 1/ Un meilleur système  d’anti-évasion pour fourmis, plus simple, plus efficace, plus facile à entretenir (un cylindre en verre). Le système en aquarium avait pour grand défaut de posséder des coins. Ceux-ci sont en général rapidement identifiés et exploités par les fourmis comme chemin de fuite. Il est difficile d’y mettre un produit anti-évasion. De plus, le support de couvercle servant aussi de renfort était assez disgracieux.
  • 2/ Un plus joli design. J’ai de temps en temps l’occasion de présenter mes fourmilières lors d’ateliers et de conférences, j’avais donc besoin d’un système simple, pédagogique et épuré visuellement. De plus cette nouvelle version peut plus facilement s’intégrer dans le salon car elle a un look sympa !

Le concept en schéma

Parce qu’un petit schéma est beaucoup plus efficace que des mots pour poser les idées, en voici même deux :

Détails de la fabrication

La matériel est simple : un cylindre en verre (vendu en tant qu’aquarium en jardinerie pour quelques euros, mais d’un volume bien trop petit pour cette finalité hélas), du plâtre, un morceau de tube PVC 32 mm…

Comme je l’ai indiqué en début d’article, la construction d’une telle fourmilière est délicate. Il faut bien connaitre la technique du gâchage de plâtre avant de se lancer. Ensuite, la principale difficulté est que le moulage se découpe en 6 étapes. Ces étapes sont nécessaires pour créer les 2 zones basse et haute (humide et sèche) et pouvoir démouler progressivement les pièces. En résumé, le nid est moulé en 4 pièces, puis on les assemble (5ème étape), puis on coule l’aire de récolte par dessus.

 

Pour éviter les blablas inutiles, voici une vidéo complète montrant la plupart des détails de la construction de cette fourmilière dans un cylindre en verre :

A noter un détail important dans ce concept de nid humide / sec : les pièces en plâtre sont séparées par un film plastique (découpé dans de la pochette transparente). Ceci a pour but d’assurer une rupture de conduction de l’eau par capillarité du plâtre entre les différents éléments.

 

Est-ce que ça fonctionne ce genre de fourmilière ?

Même si la construction est plutôt complexe, oui au final ça fonctionne car la population de cette colonie a plus que doublé en 3 mois !

De plus, le concept « zone sèche / zone humide », fonctionne très bien : les fourmis moissonneuses stockent leurs graines en surface (zone sèche) et la reine et les œufs sont installés en profondeur (zone humide). Elles font ainsi dans la nature pour éviter que leur stock de graines ne se détériore (moisissure ou graines qui germent) et pour garantir à la reine et aux œufs des conditions favorables bien humides.

Je termine cet article par une dernière vidéo montrant le stockage d’akènes de pissenlit sous forme d’un grenier au sec et illustrant par la même occasion la capacité « moissonneuse » de cette espèce (Messor) !

7 Comments
  1. Bonjour,

    Merci d’avoir pris le temps de partager votre réalisation.

    Ce nid donne vraiment très bien, l’idée de découper en plusieurs moulages est très astucieuse.

    Pour ajouter une petite touche déco, on peut jeter de petits cailloux dans le plâtre du dessus. Je trouve que cela rajoute un peu de relief.

    Encore bravo pour ce nid, ça m’a donné envie d’essayer un nid en plâtre au lieu du BC.

    • Probablement un peu mais pas suffisamment pour que sa nuise au nid. En tout cas je n’ai encore jamais rencontré ce genre de problème.

  2. Bonjour,

    Super nid, je pense que je vais m’en inspirer !
    J’ai deux questions:
    1- Ne faudrait-il pas mettre un bac en plastique dans le fond pour éviter un contact direct de l’eau avec le plâtre ?
    2- Comment procéder à un déménagement dans le futur ou un raccordement à un nid supplémentaire ? Ne faudrait-il pas un système de raccord ?

    • 1- Le principe de ce nid c’est justement l’inverse : utiliser la capillarité du plâtre pour conduire l’eau dans la partie basse du nid.
      2- Depuis longtemps j’évite tout système de raccord (à base de tube) dans mes fourmilières, car ce sont des cachettes pour la reine et autres. Le jour où il faudra déménager les fourmis (ce qui n’est pas prêt d’arriver), un simple petit pont en bois ou carton suffira pour connecter un nouveau nid (technique que j’utilise déjà).

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