Expérience : acheter un terrain agricole pour protéger une forêt, planter des arbres et recréer une zone humide.

Introduction

À l’image de nombreux projets qui visent à reboiser ou a protéger des forêts en créant des réserves naturelles, j’ai décidé de me lancer. Non plus en faisant des dons à des associations qui œuvrent dans ce sens comme l’ASPAS (ce que je fais aussi) mais en cherchant moi-même à laisser pousser librement une forêt, en recréant une zone humide et en plantant quelques arbres. J’ai également tenté d’établir une liste d’arbres peut-être intéressants dans le contexte du réchauffement climatique.

Comme je l’explique dans cet autre article, planter des arbres ou protéger une forêt existante est une bonne idée pour compenser son empreinte carbone ou celle de sa famille mais ce n’est bien entendu pas suffisant. Il faut également agir à la source et chercher à diminuer nos émissions polluantes avant de chercher à les compenser.

Aussi petits soient les projets de ce type, ils participent à créer des ilots de biodiversité puis des ilots de vieillissement ou sénescence (si on laisse le temps passer librement). Ces petites forêts laissées plus ou moins à l’abandon deviennent autant de refuges pour la faune, la fonge et la flore et plus globalement la biodiversité. Ils peuvent même devenir des acteurs de ce qu’on appelle des corridors écologiques (continus ou discontinus), permettant de relier entre-elles des zones plus grandes telles que de vraies réserves naturelles reconnues ou des ripisylves par exemple (bords de cours d’eau laissés sauvages).

Quant aux zones humides, pour des arguments économiques et/ou pseudo-sanitaires, nous en avons détruit la moitié en un siècle seulement. Et pourtant, il n’y a pas besoin de grandes études scientifiques pour se rendre compte qu’une simple mare dans son jardin suffit déjà à attirer de nombreux animaux, plantes et insectes. Alors imaginons l’impact d’une zone humide en forêt. On voit même apparaitre maintenant de grands projets de renaturation des zones humides en milieux urbains ou péri-urbains pour lutter contre les inondations. On commence enfin à mesurer nos intérêts à protéger ces véritables éponges naturelles vivantes. À savoir que parmi les nombreux services écosystémiques qu’elles nous rendent, elles savent dépolluer très efficacement l’eau…

Dans la même idée, on tente maintenant de recréer les milliers de km de haies sacrifiées dans les années 70-80 sur l’autel de le rentabilité agricole. Là aussi, enfin, on prend conscience que c’était une grosse erreur de supprimer toute cette nature. Les haies sont typiquement des corridors biologiques et des refuges, notamment pour les insectes auxiliaires. C’est aussi, par exemple, l’objectif de l’association La Haie donneurs.

Le réensauvagement (rewilding) est très rapide si on laisse l’environnement tranquille, à l’image de cet exemple Ecossai impressionnant où il n’a fallu que 20 ans pour que la nature reprenne ses droits. Il s’agit d’une exploitation agricole qui a fait le pari de rendre ses terres à la nature. Cerise sur le gâteau, le projet est même aujourd’hui rentable !

Mon projet…

Pourquoi ce projet ? Lire aussi cet article.

Objectifs

  1. Acquérir un terrain agricole, une forêt, une friche…
  2. Essayer d’y recréer une zone humide.
  3. Voir s’il est possible d’y planter quelques arbres pour augmenter un peu la diversité végétale en anticipant le réchauffement climatique. Car la vitesse du réchauffement actuel ne permet pas aux plantes de s’y adapter. En tant que coupables, il nous faut les aider.
  4. Protéger cet espace contre toute type d’exploitation (sylviculture, élevage, etc) le plus longtemps possible afin d’en faire un ilot de biodiversité, et au passage compenser un peu mon empreinte carbone et celle de ma famille.

Il s’agit donc d’essayer de devenir, modestement, un gardien de la nature.

Une fois acquises, il est assez facile de protéger ces mini-réserves naturelles pendant au moins un siècle ou plus. En ce qui me concerne, je vais pouvoir le faire pendant les 40 ou 50 ans qui me restent à vivre, si tout se passe bien. Ensuite, ce sera au travers de l’action des mes enfants qui je l’espère intégreront l’idée. Un siècle ou plus c’est déjà un bon début pour reconstruire un espace sauvage. Bon ensuite, il faut compter au moins 1000 ans pour reconstituer ce qu’on appelle une forêt primaire. Ce qui peut être l’objectif final mais bien plus difficile à maîtriser au travers des générations.

L’ORE

Petite parenthèse ici : Je me renseigne en ce moment sur l’ORE (Obligation Réelle Environnementale) : il s’agit d’un nouveau dispositif permettant d’associer une vocation écologique à une propriété, de manière pérenne (et de la protéger). C’est à dire que la parcelle conservera sa vocation à protéger la nature, même si le propriétaire change. Ce sont les conservatoires d’espaces naturels qui assurent la mise en œuvre de cet outil innovant qui s’adresse à tout propriétaire qui se sent investi d’un devoir de protection de l’environnement. C’est très intéressant dans le cadre de mon projet. À suivre donc…

Dessin forêt
Quand je vois ce que dessinent mes enfants, je pense qu’il y a encore de l’espoir !

Comment acquérir un terrain agricole ? Retour d’expérience.

  • Début mars 2018, j’ai écho d’un terrain à vendre.
  • 28 mars : première visite du terrain puis premier coup de fil au vendeur.
  • 21 avril : accord sur le prix après réflexion.
  • 22 mai : premier contact avec un notaire.
  • 30 mai : réception par le notaire de tous les documents pour lancer la vente (note : pour des petites ventes comme celle-ci, il n’y a pas de compromis).
  • 8 juin : signature des documents par le vendeur.
  • 13 juin : affichage de la prochaine vente en mairie (2 mois) et communication à la SAFER (2 mois) pour purger tous les droits de préemption.
  • 21 novembre : confirmation du dossier complet par l’étude notariale et prise de rendez-vous pour la signature.
  • 28 décembre : signature définitive chez le notaire en présence du vendeur.

Pour cette première expérience, il aura fallu 10 mois entre la découverte du terrain et le fait d’en devenir propriétaire. La patience est nécessaire. Ceci-dit j’ai récemment retenté l’expérience avec une petite forêt d’1 ha et il n’a fallu que 6 mois pour signer l’achat. Le facteur clef c’est la réactivité du vendeur et du notaire.

Comment trouver un terrain de loisir ?

Le terme « loisir » est important car nous parlons bien ici de trouver un ex-terrain agricole au sens où ce terrain doit être « libre » de contraintes associées au monde agricole. Par exemple, certaines parcelles sont louées (pour la production de foin, pour faire paître des bêtes, ou pour de la culture), d’autres sont des parcelles forestières plantées pour l’exploitation, etc. Ensuite, il y a souvent un droit de préférence qui s’exerce sur les petites parcelles rendant les voisins prioritaires. Cela rend encore plus difficile de trouver ces terrains déjà rares.

Ensuite, il faut être attentif et patient, explorer les sites de petites annonces, parler de son projet autour de soi (famille, amis) pour lancer le bouche-à-oreille, se renseigner éventuellement auprès de la mairie, de la SAFER. Autre idée, on m’a conseillé récemment un site qui propose des terrains, des bois et tous types de propriétés rurales dont des terrains de loisirs à vendre partout en France : ma-propriete.fr

Précision sur le coût d’un terrain agricole

Pour négocier la parcelle que l’on souhaite acheter, une référence en termes de prix est le barème indicatif de la valeur vénale des terres publié régulièrement par la SAFER. La version détaillée par petites sous-régions agricoles est très intéressante (voir image ci-dessous). Concernant mes deux expériences d’achat, j’ai acquis la friche et la forêt à des prix qui se situent très bien dans ce barème. A savoir cependant que beaucoup de critères viennent moduler la valeur d’un terrain agricole et influencent donc aussi la négociation du prix d’achat :

  • Est-ce que le terrain est plat ou en pente ?
  • Est-ce que c’est une forêt ?
  • Si oui est-ce du bois exploitable ? (beaucoup ne voient que la valeur marchande d’une forêt, et pas sa valeur écologique)
  • Est-ce que l’accès au terrain est facile ?
  • Y-a-t-il de l’eau sur place ?
  • Comment est-il orienté ?
  • En bordure de quoi se trouve-t-il ?

A savoir par exemple qu’une belle prairie plate directement pâturable ou cultivable, c’est ce qui coûte le plus cher. Et qu’elle sera d’autant plus onéreuse qu’elle se trouvera dans une grande plaine de culture (c’est pour cette raison que le barème régional n’est pas précis).

Enfin, il faut ajouter au prix du terrain négocié avec le vendeur, des frais de notaire et par exemple aussi les frais de purge du droit de préférence des propriétaires voisins, etc. Lors de mes deux acquisitions, ces frais étaient de 500 à 600 €.

Extrait du barème indicatif de la valeur vénale des terres (SAFER)

Mon terrain : une friche d’1,3 ha.

Concernant cette parcelle de plus d’un hectare située à 600 m d’altitude dans le centre de la France, il s’agit d’une ancienne sapinière de culture abattue 6 ans plus tôt. Sur les photos IGN de 1950-1965, c’est une prairie qui apparait à la place de la sapinière, mais celle-ci est bien présente sur les clichés de 2000-2005. Au moment ou je l’achète en 2018 c’est donc une sorte de taillis ou friche couverte de jeunes arbres (5 ans max) et d’un magnifique roncier presque impraticable.

Par rapport à mon projet de (re)création d’une zone humide et d’une forêt, ce terrain présente de nombreux intérêts :

  • Il présente une très légère pente, il est assez isolé même s’il se trouve à 4 km d’un gros village. Il est bordé par une forêt non exploitée depuis au moins 70 ans et se trouve à proximité d’un étang de plus de 6000 m².
  • L’intérêt principal que j’ai tout de suite repéré lors de ma première visite, est que cette parcelle présente en son centre un léger talweg (un faible creux) qui semble souvent humide. J’ai remarqué un indice que ne trompe pas : la présence de nombreux pieds de joncs le long de cette dépression. Lors d’une visite au printemps après quelques jours pluvieux je constate même que de l’eau ruisselle et j’y trouve une grenouille verte… Enfin, en creusant un peu, sous 30 cm d’humus, on tombe sur de l’argile très dense. Tout ceci colle bien avec l’idée de recréer une zone humide.
  • Autre intérêt de ce terrain : non loin de la partie humide se trouve une mini-prairie naturelle de quelques centaines de m², découlant certainement d’une petite clairière qui devait être présente au cœur de la sapinière (visible sur les photos aériennes plus anciennes). L’existence de cet espace ouvert est une aubaine pour installer plus facilement quelques arbres, par rapport au roncier.
  • Enfin, de nombreux jeunes arbres sont déjà présents tels que des pins, des bouleaux, des saules, des ormes, des sureaux rouges. Les plus grands mesurent déjà plus de 3 à 4 m de hauteur.

Le principal défaut de ce terrain lors de son achat est l’état dans lequel il a été laissé suite à l’abattage de la sapinière :

  • Les nombreux débris de branches ont été laissés sur place sous forme d’énormes rangées (andains) plus ou moins précises. Cela condamne une partie de la surface au sol pour longtemps et complique les déplacements. Cependant, ces amoncellement de branches peuvent servir de refuges à de nombreuses formes de vie animales, végétales ou champignons.
  • Ensuite, les engins forestiers ont creusé de larges ornières (plus de 60 cm de profondeur) dont certaines pleines d’eau ce qui là aussi complique l’accès au terrain.
  • Enfin, certains feuillus laissés en bordure de la parcelle se sont étiolés : ils présentent un tronc d’un diamètre assez faible (40 – 60cm) pour une hauteur importante (20 – 30 m). A l’origine ces arbres se trouvaient au cœur d’une forêt ce qui explique leur allure. Mais en l’état ils présentent maintenant un réel danger car n’étant plus soutenus par leurs congénères, plusieurs se sont déjà déracinés lors de coups de vent récents.
La parcelle en friche en 2020 ( (c) Google)

Avancement du projet

Une forêt en développement

L’essentiel de la surface du terrain va être laissé en libre évolution afin qu’une forêt naturelle et locale s’y reconstitue. C’est déjà le cas, des centaines d’arbres y travaillent. Cependant, dans l’idée de faire une migration assistée de plantes (face au changement climatique) et d’augmenter un peu la diversité, quelques zones de plantations seront libérées du roncier.

Plantations

En termes de coûts, j’ai pour le moment acheté une grosse douzaine de petits arbres pour un peu plus de 200 € chez un pépiniériste local. L’essentiel de mes plantations provient de nombreux semis, boutures et repiquages que je pratique en automne (comme expliqué ici).

Dès le printemps suivant l’achat (avril 2019) j’ai commencé de planter quelques arbres issus de repiquages : 1 Marronnier, 1 Frêne, 3 pins, 1 houx, 4 noisetiers rouges, 3 noisetiers, 1 hêtre. J’ai également acheté quelques plants : 3 Noisetiers, 2 pommiers, 1 cerisier, 1 érable, 1 troène, 1 figuier, 3 framboisiers, 3 tuyas.

Après la pause estivale, début décembre, j’ai complété les plantations par l’achat de : 1 Amélanchier canadensis, 1 Cotoneaster, 1 Buddleia blanc, 1 Piracata rouge, 1 Laurier cerise afin de planter une zone spéciale « oiseaux ». J’ai aussi installé des petits arbres repiqués : 6 frênes, 7 noisetiers, 3 symphorines, 1 pommier, 1 Aubépine, 1 noisetier, 1 boulot, 1 chêne.

Fin décembre, j’ai complété avec 1 noyer, 1 châtaigner, 1 frêne en racines nues et une première tentative de nombreuses boutures : 22 noisetiers, 3 cognassiers, 3 myrtilliers, 2 vignes, 1 pêcher, 1 forsitia, 3 vignes vierges, 4 rosiers, 2 buddleias, 2 fusains, 4 cotoneasters, 2 forsitias et 2 fusains. L’année 2020, avec sa forte chaleur et son confinement, aura eu raison hélas de la plupart de ces boutures.

Enfin, en automne 2020, j’ai entamé un peu de migration assistée en installant à 600 m d’altitude quelques chênes verts, cèdres de l’atlas et buis typiquement méditerranéens.

Pour les prochaines plantations, je vais également m’inspirer de ma liste d’essences potentiellement adaptées au réchauffement climatique.

La source

Zone humide

comme expliqué plus haut, le choix de l’endroit pour la zone humide a été facilement situé dans une dépression naturelle du relief semblant toujours mouillée et se terminant sous un énorme amas de débris de bois venant de l’abattage de la sapinière d’origine.

A l’aide d’une pelleteuse, nous avons réussi à recréer une mare de belle dimension (plusieurs centaines de mètres carrés) en automne 2020, entre deux confinements. Il s’avère que, sous la couche d’humus de quelques dizaines de centimètres, cette parcelle présente plusieurs mètres de terre glaise. C’est cohérent avec l’ancienne production de tuiles de la région et c’est une chance pour recréer un bassin imperméable.

Dès le début du chantier, nous avons eu le bonheur de voir apparaitre un petit écoulement d’eau continu à 50 – 60 cm de profondeur. Difficile de savoir s’il s’agit d’une vraie source mais dès le lendemain plusieurs milliers de litres d’eau claire s’étaient déjà accumulés au fond de notre nouveau petit étang. Ensuite, avec l’hiver 2020-21 très arrosé, notre mare s’est remplie totalement en seulement quelques semaines.

Remplissage naturel de la mare en seulement 5 semaines.

Il reste maintenant à végétaliser un peu cette mare. Je prépare depuis quelques années dans mon bassin de jardin des boutures de prêles, de massettes, de joncs, de fraisier d’eau, d’iris d’eau et de nénuphars. Etape prévue pour le printemps 2021.

Présence animale

Nous avons pu observer plusieurs fois des chevreuils et des sangliers. De plus, les empreintes d’animaux et leurs déjections sont nombreuses, ce qui confirme que cette parcelle est déjà très fréquentée par les animaux sauvages. Un piège photographique aurait tout son intérêt ici pour capturer les diverses bêtes.

Inventaire floristique

j’ai pour projet prochainement de réaliser un inventaire des plantes et arbres qui se développent sur la parcelle.

A suivre…

création mare
La nouvelle mare, hiver 2020.

18 réflexions sur “Expérience : acheter un terrain agricole pour protéger une forêt, planter des arbres et recréer une zone humide.

  • 2022-07-22 à 09:49
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    Bonjour,
    Tout d’abord félicitation pour ce beau projet.
    Je travail dans le domaine de l’arbre forestier et d’ornement.
    Je mène une recherche sur des essences possiblement adapté au changement climatique.
    Dans se cadre la, votre article et une source d’inspiration et d’informations.
    Je souhaiterai procédé à un échanger mutuelle de nos connaissance.
    Pourrions nous nous contacter par mail ou téléphone ?
    Cordialement

    Répondre
    • 2022-08-13 à 09:52
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      Bonjour,
      merci pour votre message.
      Je vous contacte pour échanger avec plaisir.

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      • 2022-10-26 à 22:35
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        Bravo pour votre travail de longue haleine et votre pugnacité à tenter de recréer une forêt.
        Ce que vous faites à toujours était mon rêve .Rêve que je devrais mettre un jour en pratique quand je gagnerai au Loto.
        Mais dans mon rêve il y a une construction d’un haut mur autour de cette forêt pour la protéger.
        Cependant, planter des arbres à l’aveugle est il une solution pérenne ? Ma réflexion vient d’un commentaire d’un jardinier du château de Versailles qui, lors de la fameuse tempête qui avait détruit ente autres des arbres centenaires, avait constaté que les dégâts étaient plus importants sur les parcelles plantées par l’homme que sur des parcelles naturelles. Stratégie de défense élaborée par la nature ? Es ce le champs magnétiques terrestres ou simplement la communication des végétaux entre eux qui permettent l’endroit stratégique de la pousse d’un arbre ? Planter là où il y a de la place n’est peut être pas pas la solution la plus économique sur le long terme . Je n’ai pas la réponse.. En tout cas je vous souhaite une très bonne continuation dans votre noble entreprise.

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        • 2022-10-31 à 18:36
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          Merci pour votre message. Je suis tout à fait d’accord avec vous concernant la fragilité des forêts plantées par l’homme et j’ai eu l’occasion d’enseigner la communication chez les plantes. On croit que l’on « gère » mais en fait non. Ce n’est jamais aussi réussi ni performant que quand on laisse la nature gérer elle-même. Du coup, mon projet a beaucoup évolué. Il n’est presque plus question de planter des arbres mais simplement de laisser pousser la forêt (même si j’expérimente un peu de migration assistée). Et c’est incroyable de constater à quelle vitesse elle pousse cette forêt ! Donc plus j’avance dans ce projet et moins j’interviens. Cette année je me suis simplement contenté d’entretenir le petit chemin d’accès. En revanche, il n’y a pas besoin de gagner au loto : c’est bien inutile de clôturer une foret, ne serait-ce que pour permettre l’accès aux animaux. Et on trouve des terrains de taille correcte à moins de 2000 €. C’est surtout de la volonté de nous avons besoin !

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  • 2022-04-22 à 08:53
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    Bravo très belle initiative. Bon courage pour la suite.

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  • 2022-04-05 à 17:13
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    Bonjour, j’ai du terrain agricole en Haute-Savoie, pour l’instant il est fanné une fois par an par un agriculteur voisin que je connais bien. j’aimerais mettre ce terrain à disposition pour quelqu’un qui aime et qui sait comment, quels arbres planter, ou/et faire une mare… bref moi, femme seule, je ne veut pas me lancer et ne sait pas faire mais je tiens à ce que ce terrain serve à la biodiversité. c’est environ 3000m2. il est un peu en pente, bordé sur 2 cotés d’une forêt. contactez moi si intéressé(e)

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  • 2021-09-05 à 20:42
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    Bonjour, j’adore ces projets. Du côté de chez moi j’ai acquis une marre de 3000 m2 et 1h6 de terre. J’aimerai acheter d’autres terres mais les agriculteurs font barrage dès que j’expose le projet d’y planter des arbres d’autant qu’il y a 100 ans c’était une forêt et pas des plaines remplies de blé ou de maïs. Je ne sais pas comment on peut faire pour racheter des terres. Il y a un agri en retraite avec qui je m’entend bien qui loue ses terres à d’autres agri mais qui va vouloir vendre sa ferme. Est ce qu’en achetant sa ferme il peut me mettre les terres et prendre la place de ceux qui ont un bail dessus ?

    En tous cas bon courage pour votre projet !
    cdlt
    jeff

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    • 2021-09-21 à 21:27
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      En effet l’achat de terre agricole c’est difficile. Mais c’est tant mieux ! Voici mon point de vue : oui l’idée de racheter des terres pour les rendre à la Nature c’est un concept intéressant et je suis assez heureux d’avoir réussi à acquérir une ancienne sapinière abattue en friche pour y laisser maintenant pousser une foret naturelle, loin de tout objectif vénal. Cependant, la réglementation protège les terres agricoles contre leur rachat par des particuliers et/ou des entreprises et c’est très bien, il faut que cela reste ainsi. Les agriculteurs et les éleveurs produisent nos légumes, nos viandes, nos céréales, nos miels, nos produits laitiers, etc., et je ne suis pas convaincu que ce soit une bonne idée de transformer trop des terres cultivées en forêt. Dans de nombreuses régions les villages tombent en ruines car il n’y a de moins en moins de vie agricole. Même si toutes les facettes de l’agriculture ne sont pas reluisantes, ce sont les agriculteurs qui font vivre les campagnes et le monde. Nous avons déjà de gros problèmes d’autonomie et de souveraineté alimentaire dans notre pays et cela ne va pas s’arranger avec le réchauffement climatique. Avec du recul, je pense que le meilleur moyen d’acquérir des parcelles agricoles, c’est de devenir soi-même agriculteur. On est libre alors en tant que professionnel du monde vivant de planter des arbres sur notre propriété…

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      • 2021-11-27 à 18:35
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        Non la terre appartient à celui qui l’exploite, agriculteur ou non c’est quoi cette doctrine tout aux agriculteurs ? Surtout pour mettre des pesticides,des éoliennes et maintenant des usines à méthane… Arrêtons avec ce discours tout aux agriculteurs aujourd’hui n’y a plus d’abeilles, plus de bocage, plus de zone humides sinon des pesticides à gogo dans la terre. Autonomie alimentaire ? Dans mon canton le rendement du qt à l’ha de blé dans les années 80 était 90 aujourd’hui plus de 150 faut arrêter ce blabla. Une surface d’un département disparait tous les 10 ans en France à cause de l’urbanisation voila le vrai sujet, les agriculteurs vendent des parcelles pour en faire des terrains constructibles comme dans mon village… car ca rapporte un max de fric. Les exploitations sont passées à 200 ha de surface en moyenne avec zéro arbres, plus rien, plus d oiseau, et ça pompe les nappes à fond avec le maïs, etc.
        Faut changer ce discours « tout aux agriculteurs ». Il faut rééquilibrer l’espace entre agriculteurs et ceux qui font pour la préservation. Pas besoin d’avoir un BTS agricole pour préserver l’environnement…

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        • 2021-11-30 à 20:56
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          Merci pour votre message. En réalité je suis assez d’accord avec vous. Cependant, il faut nuancer : il n’y a pas une seule agriculture ! Celle que vous décrivez est exactement le chemin qu’il ne faut plus suivre, oui. Et on nous amuse quand on nous dit que cette agriculture là nous nourrit. En fait elle engraisse surtout les spéculateurs sur les marchés d’échange internationaux. Mais heureusement, les bocages et les zones humides existent encore, dans quelques coins de nombreuses régions de semi-montagne notamment en Auvergne-Rhône-Alpes par exemple. Dans ces endroits on pratique encore de l’agriculture extensive et on y plante même des kilomètres de haie chaque année (avec Mission Haie par exemple). J’ai oublié de le préciser dans mon message précédent car c’était implicite pour moi, c’est cette deuxième agriculture que je fréquente. La taille des exploitations y reste souvent raisonnable, et même si ces agriculteurs n’ont pas tous la fibre « écolo », loin s’en faut, ils n’ont peut-être pas besoin de trop de concurrence. Pour résumer, oui il faut rééquilibrer l’espace. Je pense qu’un changement s’opère déjà. Mais il ne faut pas cloisonner ou opposer la préservation de l’environnement : l’agriculture, la foresterie, la production d’énergie, les zones urbaines etc., tous ces domaines peuvent (et doivent) contribuer à préserver l’environnement.

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  • 2021-04-03 à 00:30
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    Super projet!
    J’approuve totalement cette démarche!
    Pour vos boutures et jeunes plants, il existe des associations de producteurs spécialisés dans les essences de plantes sauvage et locales sous un label « Végétal local ».
    Je suis sûre que cela vous intéressera et vous aidera si vous ne connaissez pas déjà.
    https://www.vegetal-local.fr/
    https://www.les-sauvages-pepiniere.com/

    Continuez comme ça!

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    • 2021-04-03 à 16:16
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      Merci beaucoup pour ces liens. Très intéressants en effet, surtout dans le cadre de tels projets.

      Répondre
      • 2021-04-04 à 07:22
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        Vous parlez aussi de transmettre ce terrain à vos enfants en espérant qu’ils soient aussi sensibles que vous à la conservation de cet espace naturel que vous avez recréé.
        Il existe des solutions permettant de garantir la pérennité de votre terrain durant plusieurs décennies.
        Les ORE. https://m.youtube.com/watch?v=8qSVBKb0BGg

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        • 2021-04-06 à 13:31
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          Merci pour cette info. J’avais déjà lu quelque chose à ce propos mais j’avais égaré les détails. En effet, c’est très intéressant je vais creuser la question et en parler dans mon article.

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  • 2021-04-01 à 10:16
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    Bonjour,

    Super projet.
    Pour avoir une idée, combien vous a couté le terrain, tout compris (notaires, etc.)?
    Puis ensuite, le prix des arbres ?

    Merci

    Répondre
    • 2021-04-01 à 14:11
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      Merci. J’avais prévu de mettre à jour mon article c’est donc l’occasion. 🙂 J’ai ajouté des informations sur le coût des terrains et des arbres dans les paragraphes en question.

      Répondre
      • 2021-04-21 à 21:19
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        Merci pour les infos.
        Avec des amis, on est intéressé par un projet identique. Savez-vous quel est le meilleur moyen pour dénicher un terrain à vendre ?
        Via le site de la SAFER ? Via Leboncoin ? quoi d’autre ?

        Répondre
        • 2021-04-22 à 10:43
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          Ce n’est pas simple ! Les terrains agricoles sont rares et réservés pour la plupart aux agriculteurs, ce qui est tout à fait normal pour protéger le monde rural et ses activités. Vous avez les réponses : il faut faire une veille sur les annonces en effet. La SAFER propose aussi des offres. Et enfin, il y a le bouche-à-oreille. Dans tous les cas il faut être patient et réactif.

          Répondre

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