KAP ou pas KAP ?

Petite introduction à la « Kite Aerial Photographie » (ou KAP) ou en français « photographie depuis cerf-volant » ou « Photo cervolisme » ou plus simple  encore « aérophoto ».

Le concept

La photo depuis cerf-volant consiste simplement à accrocher un dispositif photo (ou vidéo) à un cerf-volant. C’est une technique assez ancienne qui date du début du XXème siècle. La KAP a été utilisée aussi bien par des photographes, des géographes, des militaires que des archéologues. L’objectif était de pouvoir approcher et observer des zones non accessibles autrement notamment par avion.

Aujourd’hui c’est essentiellement toute une communauté de passionnés qui fait vivre ce loisir. L’enjeu est surtout de « voler un peu » pour voir à quoi ressemble le plancher des vaches vu de là haut. Un forum francophone est dédié à la photo depuis cerf-volant : http://photocerfvolant.free.fr/phpBB2/

kap_old

De nos jour, à l’heure des drones radiocommandés équipés de caméras très haute définition, on pourrait se demander pourquoi bien s’enquiquiner à accrocher un appareil photo à un cerf-volant ?!

Si vous vous posez cette question, demandez vous aussi pourquoi certain continuent de faire du bateau à voile ou du train à vapeur etc…

Quel cerf-volant ?

Pour faire de la KAP il faut un cerf-volant dit « porteur ». Tous ne le sont pas. En général, trois grands types de cerf-volants peuvent être utilisés pour soulever du matériel : les Rokkakus (cerf-volant hexagonal « de combat » japonais), les deltas et les « formes souples » sans armatures ou presque, gonflés par l’air (flow-form, kap-foil, ultrafoil, power sled…).

Il existe une dernière forme de cerf-volant porteur très efficace et historiquement célèbre mais plus complexe : le Cody, du nom de son inventeur début 1900. Il fut créé comme cerf-volant « militaire » d’observation et réussit à porter un homme à presque 500 m d’altitude ! De nos jours, des passionnés continuent de faire vivre le cody (il est même disponible à la vente dans certaines boutiques) et reproduisent l’expérience de « manlifting ».

« Manlifting » en Cody

Quel matériel pour la photo ?

Ensuite, il faut un dispositif photo ou vidéo : pour ça il n’y a pas de règle, cela dépend de la qualité photo exigée et surtout du risque à faire encourir à l’appareil ! Il faut aussi faire attention au poids de ce matériel qui devra être soulevé par le cerf-volant. Des essais préliminaires sont conseillés et nécessaires.

Une contrainte importante aussi est le fait d’avoir un appareil qui prend les photos « tout seul » ! Car c’est impossible d’aller appuyer sur le déclencheur une fois l’ensemble suspendu au cerf-volant. Plusieurs solutions existent :

  • Trouver un appareil muni d’un intervallomètre (permet de prendre des photos à intervalles de temps réguliers);
  • Choisir un appareil sur lequel on peut connecter un intervallomètre;
  • Bricoler un déclencheur mécanique (certains y arrive avec un système de ballon qui se dégonfle);
  • Bricoler des nacelles high-tech radio-commandées…
  • Utiliser une caméra plutôt qu’un appareil photo. On extrait ensuite des photos de la vidéo. Personnellement, cette idée me parait la plus simple.

Et pour accrocher l’appareil au cerf-volant ?

Là encore, il existe plusieurs solutions :

  • à l’arrache : un bout d’élastique ou de fil de fer pour attacher l’appareil directement au cerf-volant;
  • un pendule, solution utilisée par beaucoup de passionnés. Un pendule est en gros une tige attachée à la ligne du cerf-volant laissant pendre l’appareil photo (ou la caméra) dans le vide.  Il existe des modèles plus ou moins élaborés (nombres d’articulations, système d’amortissement des mouvements, etc…);
  • une nacelle de type « Picavet » du nom de son inventeur français (1912). Les plateformes de ce type permettent en théorie à l’appareil suspendu de rester constamment sur un plan vertical malgré les mouvements du cerf-volant.

De la théorie à la pratique…

  • Comment choisir le bon cerf-volant ?
  • Comment choisir le bon appareil ?
  • Et le bon support ?

Je dirais que tous ces choix ne se font pas forcement de manière objective. Une grande part des choix est guidée par la volonté de faire simple ou compliqué, ou parce qu’on va préférer tel cerf-volant à tel-autre… De nombreuses lectures sur le Net n’aident pas forcément car chaque couple « cerf-volant / support » est aussi bien plébiscité par certains que critiqué par d’autres.

Pour ma part, je trouve qu’une bonne stratégie consiste à repérer les systèmes qui donnent les meilleures photos, dans la limite du temps et du budget que l’on veut y mettre.

Bref, une fois que les choix sont faits pour le cerf-volant, l’appareil et le support, il faut tester, bricoler, casser (hélas), ajuster, recommencer…

La suite avec des tentatives « concrètes » dans cet article !

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